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Virginia

de Emmanuelle FAVIER

Éditions Albin Michel, août 2019
Prix : 19,90 €

COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 24 septembre 2019

Emmanuelle FAVIER n'a pas son pareil pour donner à lire du poétique et du romanesque . Elle offre ici avec grand talent le portrait d'une "petite Virginia" inédite, inconnue, bien étrangère à "l'immense et incontournable écrivaine Woolf" que nous connaissons. Virginia, c'est une naissance au 19ème siècle à l’époque victorienne, dans une grande fratrie issue d'une famille recomposée. Virginia, c'est l'héritage lourd de parents évoluant dans la société anglaise érudite et instruite. Virginia, c'est une quête, une grande marche, un long apprentissage, la construction d'une personnalité hors du commun. Enfant, elle est drôle, inventive, philosophe, artiste, souvent à la marge de son statut de fille puis de femme imposée à l'époque.

Voilà le récit singulier d'une émancipation, celle d'une des plus grandes auteures de tous les temps. TOUT SIMPLEMENT CAPTIVANT.

"J’ai circulé entre un respect maniaque pour ce que je trouvais dans les lettres, journaux et témoignages, une appréhension subjective de ce qui surgissait des romans et une tentative d’identification par l’empathie avec cette petite fille qui grandit et qui se trouve s’appeler Virginia Stephen, mais dont l’intériorité doit pouvoir résonner avec chacune et chacun. (..) C’est une figure mythique de la littérature, mais c’est avant tout un modèle pour les écrivaines, une "grande sœur. (...) C’est l’une des premières femmes à publier directement sous son nom et non sous un nom d’homme, et à connaître la célébrité de son vivant. Pour moi qui entame mon parcours de romancière, me glisser dans les pas de la petite fille qu’a été Virginia était une manière de grandir avec elle, de devenir écrivaine en racontant la manière dont elle-même le devient. Elle m’a ainsi accompagnée vers ma liberté, tandis que j’essayais de comprendre comment elle a su conquérir la sienne." Emmanuelle FAVIER

Dans le lourd manoir aux sombres boiseries, Miss Jan s’apprête à devenir Virginia. Mais naître fille, à l’époque victorienne, c’est n’avoir pour horizon que le mariage. Virginia Woolf dérogera à toutes les règles. Elle fera œuvre de ses élans brisés et de son âpre mélancolie. La prose formidablement évocatrice d’Emmanuelle Favier fait de cette biographie subjective un récit vibrant, fiévreux, hypnotique.

Derniers Coups de Coeur

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Vivre vite

de Brigitte GIRAUD

PRIX GONCOURT 2022

RENCONTRE EVENEMENT AVEC BRIGITTE GIRAUD
Mardi 10 janvier 2023


Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont au seuil d’un nouveau départ.

Lui a 41 ans et la musique pour raison d’être. Elle 36 ans et l’écriture comme point d’équilibre.

Parents d’un petit garçon, le jeune ­couple, un brin bohème, vient d’acquérir une maison à la lisière de la ville. Un cocon protecteur où ils s'imaginent déjà poser leurs valises, se projetant insouciants le reste de leur vie… Mais ils n’en auront pas le temps.

En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte GIRAUD tente de comprendre et de dénouer ce qui a conduit à l’accident de moto et ce qui a coûté la vie à son mari, Claude, un jour d'été en 1999.

Vingt ans après, l'auteure sonde les questions restées longtemps sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ?

Elle revient sur les journées qui ont précédé le point d'arrêt d'une existence familiale joyeuse. Des journées comme emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable.

Brigitte GIRAUD touche par son écriture, teintée de nostalgie douce. Elle interroge avec grâce, en distance temporelle, les rouages d un événement conduisant au tragique d une vie.

Vivre vite ou comprendre l'incompréhensible.

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 03 novembre 2022
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Tenir sa langue

de Polina PANASSENKO

Lisez bien le prénom de l’autrice sur la couverture de ce premier roman.
Attardez-vous sur les voyelles de début et de fin, faites-leur cet honneur.

À son arrivée à Saint-Étienne au lendemain de la chute de l'URSS, Polina devient Pauline.

Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour batailler, justifier et tenter de récupérer son prénom de naissance.
L’administration française est butée, retorse mais Polina, devenue grande, lui tient tête.

D'un côté, la Russie de l'enfance, inoubliable, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent.
De l'autre, la France, les apprentissages sociaux et culturels, l’aventure quotidienne des mots appris et des mots retenus.

Le cloche pied verbal permanent, la jonglerie imposée entre les mots de la ­famille et des grands-parents russes que l’on revoit aux vacances et les mots des camarades, des professeurs et des voisins.

« Russe à l’intérieur, français à l’extérieur. Ce n’est pas compliqué. Quand on sort, on met son français. Quand on rentre à la maison, on l’enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l’ascenseur. Sauf s’il y a des voisins. S’il y a des voisins, on attend. Bonjour. Bonjour. Quel étage ? Bon appétit. Il faut bien séparer, sinon on risque de se trouver cul nu à l’extérieur. »

Il faut donc savoir ouvrir l’œil aussi.

Fidèle à son identité, à sa mémoire et à ses origines, la primo-romancière Polina PANASSENKO propose un témoignage de vie, construit autour de deux langues et de deux pays.

Elle révèle une voix intime, juste et digne avec un récit drôle, tendre et frondeur.


COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 09 octobre 2022
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