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Ce lien entre nous

de David JOY

Éditions Sonatine, septembre 2020
Prix : 21.00 €

COUP DE COEUR • Roman noir • Par Sophie • 07 décembre 2020

L'auteur, David Joy, n'a que 36 ans mais est l'un des écrivains américains les plus brillants de sa génération. Il vit dans les Blue Ridge Moutains et raconte comme personne sa région qui semble figée dans le temps. C’est un endroit que les jeunes rêvent de quitter mais ils n'y ne parviennent jamais. Comme beaucoup dans cette région des Etats-Unis, il chasse. Pas par goût mais par nécessité, pour se nourrir.

Et c’est comme ça que débute son nouveau roman : une petite ville perdue dans les Appalaches, en Caroline du Nord. Darl chasse le cerf de nuit sur une propriété privée. L'accident arrive, ce qu'il croyait être un sanglier n'était autre qu'un homme : le frère, un simple d'esprit, de l'homme considéré comme la plus grande terreur de la ville. La décision de Darl est prise, il dissimule le corps avec l'aide de son meilleur ami. Mais rapidement, le frère du défunt remonte la piste et n'a plus qu'une idée en tête, se venger.

Dans cette petite perle de roman noir, David JOY dresse le portrait du Dirty South et de la jeunesse marginale du Sud des Etats-Unis. Bien loin des clichés, on découvre une Amérique austère et violente qui lutte pour survivre. Il est question de vengeance, de culpabilité, de survie mais également des liens qui unissent les hommes, d'amitié et d'amour. David JOY nous fait vibrer, nous emmène avec talent et sensibilité, au plus près de l'âme humaine, dans ce qu'elle a de pire et de meilleur.

À la fois sombre et lumineux, ce roman plonge le lecteur avec une justesse remarquable, au coeur des Appalaches. C'est un roman magistral à la beauté âpre, entre poésie des grands espaces et réalisme le plus cru.

Caroline du Nord. Darl Moody vit dans un mobile home sur l'ancienne propriété de sa famille. Un soir, alors qu'il braconne sur des terres voisines, il tue accidentellement un homme. Lorsqu'il réalise qu'il s'agit d'un membre du clan Brewer, connu dans cette région désolée des Appalaches pour sa violence et sa cruauté, il craint pour sa vie et celle de ses proches. Une seule personne peut l'aider : son meilleur ami, Calvin Hooper. Mais Dwayne Brewer, à la recherche de son frère disparu, a vite fait de remonter la piste jusqu'à Darl et Calvin. Pour eux, le cauchemar ne fait que commencer.

Derniers Coups de Coeur

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Vivre vite

de Brigitte GIRAUD

PRIX GONCOURT 2022

RENCONTRE EVENEMENT AVEC BRIGITTE GIRAUD
Mardi 10 janvier 2023


Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont au seuil d’un nouveau départ.

Lui a 41 ans et la musique pour raison d’être. Elle 36 ans et l’écriture comme point d’équilibre.

Parents d’un petit garçon, le jeune ­couple, un brin bohème, vient d’acquérir une maison à la lisière de la ville. Un cocon protecteur où ils s'imaginent déjà poser leurs valises, se projetant insouciants le reste de leur vie… Mais ils n’en auront pas le temps.

En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte GIRAUD tente de comprendre et de dénouer ce qui a conduit à l’accident de moto et ce qui a coûté la vie à son mari, Claude, un jour d'été en 1999.

Vingt ans après, l'auteure sonde les questions restées longtemps sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ?

Elle revient sur les journées qui ont précédé le point d'arrêt d'une existence familiale joyeuse. Des journées comme emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable.

Brigitte GIRAUD touche par son écriture, teintée de nostalgie douce. Elle interroge avec grâce, en distance temporelle, les rouages d un événement conduisant au tragique d une vie.

Vivre vite ou comprendre l'incompréhensible.

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 03 novembre 2022
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Tenir sa langue

de Polina PANASSENKO

Lisez bien le prénom de l’autrice sur la couverture de ce premier roman.
Attardez-vous sur les voyelles de début et de fin, faites-leur cet honneur.

À son arrivée à Saint-Étienne au lendemain de la chute de l'URSS, Polina devient Pauline.

Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour batailler, justifier et tenter de récupérer son prénom de naissance.
L’administration française est butée, retorse mais Polina, devenue grande, lui tient tête.

D'un côté, la Russie de l'enfance, inoubliable, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent.
De l'autre, la France, les apprentissages sociaux et culturels, l’aventure quotidienne des mots appris et des mots retenus.

Le cloche pied verbal permanent, la jonglerie imposée entre les mots de la ­famille et des grands-parents russes que l’on revoit aux vacances et les mots des camarades, des professeurs et des voisins.

« Russe à l’intérieur, français à l’extérieur. Ce n’est pas compliqué. Quand on sort, on met son français. Quand on rentre à la maison, on l’enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l’ascenseur. Sauf s’il y a des voisins. S’il y a des voisins, on attend. Bonjour. Bonjour. Quel étage ? Bon appétit. Il faut bien séparer, sinon on risque de se trouver cul nu à l’extérieur. »

Il faut donc savoir ouvrir l’œil aussi.

Fidèle à son identité, à sa mémoire et à ses origines, la primo-romancière Polina PANASSENKO propose un témoignage de vie, construit autour de deux langues et de deux pays.

Elle révèle une voix intime, juste et digne avec un récit drôle, tendre et frondeur.


COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 09 octobre 2022
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