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BD – Le poids des héros

de David SALA

Éditions Casterman, janvier 2022
Prix : 24.20 €

COUP DE COEUR • BD adulte - Roman graphique • Par Sophie • 15 février 2022

Dans la famille Sala, dans les années 70, on écoutait du Ferré, du Brel, du Brassens. David et son frère, jeunes pré-ados goûtaient aux saveurs des courses en vélo, de la découverte des premiers morceaux de rap US, des escapades avec la bande de copains.

« Il faut en parler ! » Cette injonction de sa maman, David SALA ne l’a jamais oubliée. Mais comment évoquer l’innommable, un grand-père maternel chassé par Franco et déporté à Mauthausen, un grand-père paternel raflé par les SS et réchappé du peloton d’exécution ?

Dans une BD, travaillée comme une oeuvre d'art, majestueuse et foisonnante, David SALA retrace sa trajectoire personnelle très tôt marquée par les figures tutélaires, mais non moins écrasantes, de ses deux grands-pères, héros de guerre et de la résistance.

Il explore ses enfance et adolescence et convoque ses souvenirs pour honorer leur mémoire. Dépositaire, David SALA dépasse sa propre histoire par un travail d'une rare puissance évocatrice avec une fonction de transmission universelle évidente.

Les bourreaux ont des mains démesurées, les camps de détention sont colorés, les scènes de violence sont flamboyantes, les forêts sont peuplées de fleurs ou d’épines. Il y a du Gustav KLIMT et du CHAGALL dans certaines de ses planches.

"Le poids des héros" est un choc graphique à l'imaginaire artistique incroyable.

David SALA est-il peintre écrivain ou écrivain peintre ?

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Vivre vite

de Brigitte GIRAUD

PRIX GONCOURT 2022

RENCONTRE EVENEMENT AVEC BRIGITTE GIRAUD
Mardi 10 janvier 2023


Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont au seuil d’un nouveau départ.

Lui a 41 ans et la musique pour raison d’être. Elle 36 ans et l’écriture comme point d’équilibre.

Parents d’un petit garçon, le jeune ­couple, un brin bohème, vient d’acquérir une maison à la lisière de la ville. Un cocon protecteur où ils s'imaginent déjà poser leurs valises, se projetant insouciants le reste de leur vie… Mais ils n’en auront pas le temps.

En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte GIRAUD tente de comprendre et de dénouer ce qui a conduit à l’accident de moto et ce qui a coûté la vie à son mari, Claude, un jour d'été en 1999.

Vingt ans après, l'auteure sonde les questions restées longtemps sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ?

Elle revient sur les journées qui ont précédé le point d'arrêt d'une existence familiale joyeuse. Des journées comme emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable.

Brigitte GIRAUD touche par son écriture, teintée de nostalgie douce. Elle interroge avec grâce, en distance temporelle, les rouages d un événement conduisant au tragique d une vie.

Vivre vite ou comprendre l'incompréhensible.

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 03 novembre 2022
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Tenir sa langue

de Polina PANASSENKO

Lisez bien le prénom de l’autrice sur la couverture de ce premier roman.
Attardez-vous sur les voyelles de début et de fin, faites-leur cet honneur.

À son arrivée à Saint-Étienne au lendemain de la chute de l'URSS, Polina devient Pauline.

Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour batailler, justifier et tenter de récupérer son prénom de naissance.
L’administration française est butée, retorse mais Polina, devenue grande, lui tient tête.

D'un côté, la Russie de l'enfance, inoubliable, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent.
De l'autre, la France, les apprentissages sociaux et culturels, l’aventure quotidienne des mots appris et des mots retenus.

Le cloche pied verbal permanent, la jonglerie imposée entre les mots de la ­famille et des grands-parents russes que l’on revoit aux vacances et les mots des camarades, des professeurs et des voisins.

« Russe à l’intérieur, français à l’extérieur. Ce n’est pas compliqué. Quand on sort, on met son français. Quand on rentre à la maison, on l’enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l’ascenseur. Sauf s’il y a des voisins. S’il y a des voisins, on attend. Bonjour. Bonjour. Quel étage ? Bon appétit. Il faut bien séparer, sinon on risque de se trouver cul nu à l’extérieur. »

Il faut donc savoir ouvrir l’œil aussi.

Fidèle à son identité, à sa mémoire et à ses origines, la primo-romancière Polina PANASSENKO propose un témoignage de vie, construit autour de deux langues et de deux pays.

Elle révèle une voix intime, juste et digne avec un récit drôle, tendre et frondeur.


COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 09 octobre 2022
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