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L’été de la sorcière

de Kaho NASHIKI (auteur), Déborah PIERRET-WATANABE (traduit du japonais par)

Éditions Picquier, mars 2021
Prix : 18.00 €

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 19 avril 2021

On passe lentement un col et au bout de la route, dans la forêt, c’est là...la maison de grand-mère.

Parfois par la force des choses...les souvenirs d'enfance ressurgissent.
La jeune Mai se souvient d'un été passé avec sa grand-mère alors qu'elle ne veut plus retourner en classe, bien trop oppressée par ses angoisses intérieures qu'elle ne décodent pas.

Souvent avec pudeur...les souvenirs d'enfance ressurgissent.
May passe l'été chez cette grand-mère, d'origine anglaise, un peu sorcière, qui mène une vie solide et calme au milieu des érables et des bambous.

Avec douceur...certains souvenirs d'enfance ressurgissent.
May y découvre une vie rythmée par la nature, les secrets des plantes qui guérissent et les gestes bien ordonnés qui permettent de conjurer les émotions qui nous étreignent.

Dans ce très beau roman, intimiste et personnel, Kaho NASHIKI parle d'héritage et de transmission. On n'échappe pas à la singularité de la culture japonaise. Le rythme est calme et transpire la sérénité. Le style est savoureux et poétique.

Un moment lecture qui fait du bien.






Mai, 13 ans ne veut plus retourner en cours. Ses parents décident de l'envoyer auprès de sa grand-mère pour se reposer. Celle-ci mène une vie solide et calme dans la montagne au milieu des chênes et des noisetiers.

Ce n'est pas le paradis mais auprès de sa grand-mère, Mai apprend à laisser derrière elle son mal-être pour faire confiance aux forces de la vie et reconnaître les petits miracles tout simples qui nous guident vers la lumière. Cueillir des fraises des bois et en faire une confiture d’un rouge cramoisi, presque noir. Prendre soin des plantes du potager et aussi des fleurs sauvages simplement parce que leur existence resplendit. Ecouter finalement sa petite voix intérieure.

Derniers Coups de Coeur

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Vivre vite

de Brigitte GIRAUD

PRIX GONCOURT 2022

RENCONTRE EVENEMENT AVEC BRIGITTE GIRAUD
Mardi 10 janvier 2023


Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont au seuil d’un nouveau départ.

Lui a 41 ans et la musique pour raison d’être. Elle 36 ans et l’écriture comme point d’équilibre.

Parents d’un petit garçon, le jeune ­couple, un brin bohème, vient d’acquérir une maison à la lisière de la ville. Un cocon protecteur où ils s'imaginent déjà poser leurs valises, se projetant insouciants le reste de leur vie… Mais ils n’en auront pas le temps.

En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte GIRAUD tente de comprendre et de dénouer ce qui a conduit à l’accident de moto et ce qui a coûté la vie à son mari, Claude, un jour d'été en 1999.

Vingt ans après, l'auteure sonde les questions restées longtemps sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ?

Elle revient sur les journées qui ont précédé le point d'arrêt d'une existence familiale joyeuse. Des journées comme emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable.

Brigitte GIRAUD touche par son écriture, teintée de nostalgie douce. Elle interroge avec grâce, en distance temporelle, les rouages d un événement conduisant au tragique d une vie.

Vivre vite ou comprendre l'incompréhensible.

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 03 novembre 2022
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Tenir sa langue

de Polina PANASSENKO

Lisez bien le prénom de l’autrice sur la couverture de ce premier roman.
Attardez-vous sur les voyelles de début et de fin, faites-leur cet honneur.

À son arrivée à Saint-Étienne au lendemain de la chute de l'URSS, Polina devient Pauline.

Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour batailler, justifier et tenter de récupérer son prénom de naissance.
L’administration française est butée, retorse mais Polina, devenue grande, lui tient tête.

D'un côté, la Russie de l'enfance, inoubliable, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent.
De l'autre, la France, les apprentissages sociaux et culturels, l’aventure quotidienne des mots appris et des mots retenus.

Le cloche pied verbal permanent, la jonglerie imposée entre les mots de la ­famille et des grands-parents russes que l’on revoit aux vacances et les mots des camarades, des professeurs et des voisins.

« Russe à l’intérieur, français à l’extérieur. Ce n’est pas compliqué. Quand on sort, on met son français. Quand on rentre à la maison, on l’enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l’ascenseur. Sauf s’il y a des voisins. S’il y a des voisins, on attend. Bonjour. Bonjour. Quel étage ? Bon appétit. Il faut bien séparer, sinon on risque de se trouver cul nu à l’extérieur. »

Il faut donc savoir ouvrir l’œil aussi.

Fidèle à son identité, à sa mémoire et à ses origines, la primo-romancière Polina PANASSENKO propose un témoignage de vie, construit autour de deux langues et de deux pays.

Elle révèle une voix intime, juste et digne avec un récit drôle, tendre et frondeur.


COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 09 octobre 2022
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