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L’autre moitié de soi

de Brit BENNETT

Éditions Autrement, août 2020
Prix : 22.90 €

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 06 novembre 2020

En 1954 les deux sœurs Vignes ont disparu. Elles se sont enfuies de leur ville natale. Désirée, se rêve actrice et ne supporte plus l'ambiance confinée de ce "trou". Stella, sa soeur, l'a suivie. Elles partagent ensemble à la Nouvelle-Orléans les premiers mois et émois d'une retrouvée. Mais rapidement la route de cette paire d'inséparables se scinde. Stella s'est glissée secrètement dans la peau d'une blanche. Désirée a épousé "l'homme le plus noir qu'elle ait pu trouver". Les années passent et un fossé infranchissable se creuse jusqu'à ce que leurs filles respectives tentent de le combler.

Qu'est-ce qu'être noir ? Comment devient-on ce que l'on est ? Que faut-il sacrifier de sa propre histoire, de celle de sa famille, pour devenir soi-même ? Comment peut-on échapper à la case assignée sans se fracasser ? A travers une grande et belle fresque familiale, et le destin de deux sœurs jumelles noires à la peau blanche, la romancière Brit Bennett déconstruit le schéma binaire Noir/Blanc. Elle démontre au fil de son récit que la question de l'identité et la construction d'une personnalité est une combinaison complexe, qui tient autant d'une histoire familiale, culturelle, que d'un chemin individuel et personnel où la part de hasard tient aussi son rôle.

ROMAN MAGISTRAL sur l’identité qui interroge les mailles fragiles dont sont tissés les individus, entre la filiation, le rêve de devenir une autre personne et le besoin dévorant de trouver sa place.

Brit Bennett, s'est fait connaître en 2017 avec le roman "Le cœur battant de nos mères", prix Lire du premier roman étranger. "L'autre moitié de soi" est son deuxième roman. Il est en cours de traduction dans une quinzaine de pays et les droits ont été achetés pour l'adapter en série.

Quatorze ans après la disparition des jumelles Vignes, l’une d’elles réapparaît à Mallard, leur ville natale, dans le Sud d’une Amérique fraîchement déségrégationnée. Adolescentes, elles avaient fugué main dans la main, décidées à affronter le monde ensemble. Pourtant, lorsque Desiree refait surface, elle a perdu la trace de sa jumelle depuis bien longtemps : Stella a disparu des années auparavant pour mener à Boston la vie d’une jeune femme blanche. Mais jusqu’où peut-on renoncer à une partie de soi-même?

Derniers Coups de Coeur

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Vivre vite

de Brigitte GIRAUD

PRIX GONCOURT 2022

RENCONTRE EVENEMENT AVEC BRIGITTE GIRAUD
Mardi 10 janvier 2023


Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont au seuil d’un nouveau départ.

Lui a 41 ans et la musique pour raison d’être. Elle 36 ans et l’écriture comme point d’équilibre.

Parents d’un petit garçon, le jeune ­couple, un brin bohème, vient d’acquérir une maison à la lisière de la ville. Un cocon protecteur où ils s'imaginent déjà poser leurs valises, se projetant insouciants le reste de leur vie… Mais ils n’en auront pas le temps.

En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte GIRAUD tente de comprendre et de dénouer ce qui a conduit à l’accident de moto et ce qui a coûté la vie à son mari, Claude, un jour d'été en 1999.

Vingt ans après, l'auteure sonde les questions restées longtemps sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ?

Elle revient sur les journées qui ont précédé le point d'arrêt d'une existence familiale joyeuse. Des journées comme emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable.

Brigitte GIRAUD touche par son écriture, teintée de nostalgie douce. Elle interroge avec grâce, en distance temporelle, les rouages d un événement conduisant au tragique d une vie.

Vivre vite ou comprendre l'incompréhensible.

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 03 novembre 2022
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Tenir sa langue

de Polina PANASSENKO

Lisez bien le prénom de l’autrice sur la couverture de ce premier roman.
Attardez-vous sur les voyelles de début et de fin, faites-leur cet honneur.

À son arrivée à Saint-Étienne au lendemain de la chute de l'URSS, Polina devient Pauline.

Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour batailler, justifier et tenter de récupérer son prénom de naissance.
L’administration française est butée, retorse mais Polina, devenue grande, lui tient tête.

D'un côté, la Russie de l'enfance, inoubliable, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent.
De l'autre, la France, les apprentissages sociaux et culturels, l’aventure quotidienne des mots appris et des mots retenus.

Le cloche pied verbal permanent, la jonglerie imposée entre les mots de la ­famille et des grands-parents russes que l’on revoit aux vacances et les mots des camarades, des professeurs et des voisins.

« Russe à l’intérieur, français à l’extérieur. Ce n’est pas compliqué. Quand on sort, on met son français. Quand on rentre à la maison, on l’enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l’ascenseur. Sauf s’il y a des voisins. S’il y a des voisins, on attend. Bonjour. Bonjour. Quel étage ? Bon appétit. Il faut bien séparer, sinon on risque de se trouver cul nu à l’extérieur. »

Il faut donc savoir ouvrir l’œil aussi.

Fidèle à son identité, à sa mémoire et à ses origines, la primo-romancière Polina PANASSENKO propose un témoignage de vie, construit autour de deux langues et de deux pays.

Elle révèle une voix intime, juste et digne avec un récit drôle, tendre et frondeur.


COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 09 octobre 2022
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