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Boys Run the Riot

de Keito GAKU (japonais)

Editions AKATA, mars 2022
Prix : 8.05 €

COUP DE COEUR • Manga ados - adulte • Par Sophie • 18 juillet 2022

"Tous ces préjugés de merde, on va les éclater avec nos vêtements !"

Avec ce premier essai, on peut assurément dire que le jeune mangaka Keito GAKU frappe fort d'entrée de jeu, tant son personnage principal, Ryo, est criant de vérité en cristallisant bien des craintes quant à la façon dont la société peut banalement juger tout un chacun et plus encore celles et ceux qui ne rentrent pas dans le moule.

"Boys Run the Riot" c'est Ryoko Watari, enfin Ryo comme il préfère se faire appeler, un lycéen se sentant mal dans son corps à cause de sa dysphorie de genre.

Assigné femme à la naissance, Ryo s'est senti homme depuis l'enfance. Il a toujours préféré traîner avec des garçons et se sent mal en fréquentant des filles. Il essaie tant bien que mal d'étouffer son véritable lui et peine à faire face aux regards d'incompréhension que son entourage lui renvoie sans méchanceté mais en véhiculant tout ce que les diktats de la société et la notion de "normalité" peuvent discrètement imposer.

Tout va basculer pour lui quand arrive dans sa classe un nouvel élève, Jin Sato. Grand, stylé, ne portant pas d'uniforme mais des vêtements de rue et qui n'a absolument pas honte de son look. Ryo admire ce garçon qui n'a aucune gêne à s'afficher comme il est et comme il le veut mais il ne s'attendait sans doute pas à ce que Jin change en profondeur son quotidien.

Une série manga en quatre tomes qui fait fort dès son premier volume, sélectionnée en 2021 dans la catégorie « Meilleur Manga » des Harvey Awards.

Puissions nous croire à trois opus suivants qui nous bousculeront tout autant.

Ryo, assigné femme à la naissance, se sent mal dans son corps et l'identité de genre qu'on cherche à lui imposer.

Refusant de porter son uniforme de fille, il essaie autant que possible de se rendre au lycée en tenue de sport. Mais quand un nouvel élève débarque, son destin change.

Malgré le look de « voyou » de ce dernier, ils se découvrent une même passion pour la mode. Après un premier contact difficile, ils décident tous les deux de se lancer dans un grand projet : créer ensemble une marque de vêtements avec pour rêve et revendication de pouvoir s'affirmer et s'exprimer en dehors de ce que la société essaie d'imposer.

Derniers Coups de Coeur

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Vivre vite

de Brigitte GIRAUD

PRIX GONCOURT 2022

RENCONTRE EVENEMENT AVEC BRIGITTE GIRAUD
Mardi 10 janvier 2023


Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont au seuil d’un nouveau départ.

Lui a 41 ans et la musique pour raison d’être. Elle 36 ans et l’écriture comme point d’équilibre.

Parents d’un petit garçon, le jeune ­couple, un brin bohème, vient d’acquérir une maison à la lisière de la ville. Un cocon protecteur où ils s'imaginent déjà poser leurs valises, se projetant insouciants le reste de leur vie… Mais ils n’en auront pas le temps.

En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte GIRAUD tente de comprendre et de dénouer ce qui a conduit à l’accident de moto et ce qui a coûté la vie à son mari, Claude, un jour d'été en 1999.

Vingt ans après, l'auteure sonde les questions restées longtemps sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ?

Elle revient sur les journées qui ont précédé le point d'arrêt d'une existence familiale joyeuse. Des journées comme emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable.

Brigitte GIRAUD touche par son écriture, teintée de nostalgie douce. Elle interroge avec grâce, en distance temporelle, les rouages d un événement conduisant au tragique d une vie.

Vivre vite ou comprendre l'incompréhensible.

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 03 novembre 2022
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Tenir sa langue

de Polina PANASSENKO

Lisez bien le prénom de l’autrice sur la couverture de ce premier roman.
Attardez-vous sur les voyelles de début et de fin, faites-leur cet honneur.

À son arrivée à Saint-Étienne au lendemain de la chute de l'URSS, Polina devient Pauline.

Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour batailler, justifier et tenter de récupérer son prénom de naissance.
L’administration française est butée, retorse mais Polina, devenue grande, lui tient tête.

D'un côté, la Russie de l'enfance, inoubliable, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent.
De l'autre, la France, les apprentissages sociaux et culturels, l’aventure quotidienne des mots appris et des mots retenus.

Le cloche pied verbal permanent, la jonglerie imposée entre les mots de la ­famille et des grands-parents russes que l’on revoit aux vacances et les mots des camarades, des professeurs et des voisins.

« Russe à l’intérieur, français à l’extérieur. Ce n’est pas compliqué. Quand on sort, on met son français. Quand on rentre à la maison, on l’enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l’ascenseur. Sauf s’il y a des voisins. S’il y a des voisins, on attend. Bonjour. Bonjour. Quel étage ? Bon appétit. Il faut bien séparer, sinon on risque de se trouver cul nu à l’extérieur. »

Il faut donc savoir ouvrir l’œil aussi.

Fidèle à son identité, à sa mémoire et à ses origines, la primo-romancière Polina PANASSENKO propose un témoignage de vie, construit autour de deux langues et de deux pays.

Elle révèle une voix intime, juste et digne avec un récit drôle, tendre et frondeur.


COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 09 octobre 2022
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