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Les Billes du Pachinko

de Elisa Shua Dusapin

Éditions Zoé, août 2018
Prix : 15.50 €

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 24 octobre 2018

Les Billes du Pachinko est le second roman très attendu d’Elisa Shua Dusapin qui vient confirmer sans conteste son grand talent de jeune écrivaine. Nous voici transportés dans la trépidante capitale japonaise de Tokyo et invités, par petites touches délicates propres à l'auteur, à saisir la singularité des liens familiaux et sociaux. L'intériorité de chaque personnage est justement rendue grâce à une écriture dépouillée, oscillant entre légèreté et violence feutrée. La densité de l'écriture, sa précision, sa sensualité s’attachent à nommer les choses, les sons, les odeurs, les matières et les sentiments. Rares sont les écritures aussi sensibles et subtiles. Merci à vous de restituer le monde tel qu'il est et poursuivez sur ce beau chemin d'écriture Elisa !

Suisse d’origine coréenne, Claire, héroïne-narratrice proche de trente ans, se rend un été chez ses vieux grands-parents maternels qui ont émigré au Japon il y a cinquante ans pour fuir la guerre civile, son grand-père y tenant un établissement de pachinkos – sortes de flippers verticaux s’apparentant aux machines à sous des casinos – dans le quartier Nippori de Tokyo : une activité plutôt mal considérée même si tout le monde y joue. Elle a pour projet d’organiser avec eux un voyage commun dans cette Corée natale dans laquelle ils ne sont jamais retournés et qu’elle ne connaît pas. Mais, craignant le désœuvrement, et surtout cette cohabitation avec des grands-parents dont elle s’est éloignée et pour lesquels elle nourrit des sentiments ambivalents, elle a aussi répondu à une annonce demandant une répétitrice de langue française pour s’occuper de Mieko, une petite Japonaise de dix ans que sa mère Mme Ogawa, professeure de littérature française dont le mari a disparu sans donner de nouvelles, désire envoyer en Suisse poursuivre ses études.

Derniers Coups de Coeur

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Vivre vite

de Brigitte GIRAUD

PRIX GONCOURT 2022

RENCONTRE EVENEMENT AVEC BRIGITTE GIRAUD
Mardi 10 janvier 2023


Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont au seuil d’un nouveau départ.

Lui a 41 ans et la musique pour raison d’être. Elle 36 ans et l’écriture comme point d’équilibre.

Parents d’un petit garçon, le jeune ­couple, un brin bohème, vient d’acquérir une maison à la lisière de la ville. Un cocon protecteur où ils s'imaginent déjà poser leurs valises, se projetant insouciants le reste de leur vie… Mais ils n’en auront pas le temps.

En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte GIRAUD tente de comprendre et de dénouer ce qui a conduit à l’accident de moto et ce qui a coûté la vie à son mari, Claude, un jour d'été en 1999.

Vingt ans après, l'auteure sonde les questions restées longtemps sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ?

Elle revient sur les journées qui ont précédé le point d'arrêt d'une existence familiale joyeuse. Des journées comme emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable.

Brigitte GIRAUD touche par son écriture, teintée de nostalgie douce. Elle interroge avec grâce, en distance temporelle, les rouages d un événement conduisant au tragique d une vie.

Vivre vite ou comprendre l'incompréhensible.

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 03 novembre 2022
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Tenir sa langue

de Polina PANASSENKO

Lisez bien le prénom de l’autrice sur la couverture de ce premier roman.
Attardez-vous sur les voyelles de début et de fin, faites-leur cet honneur.

À son arrivée à Saint-Étienne au lendemain de la chute de l'URSS, Polina devient Pauline.

Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour batailler, justifier et tenter de récupérer son prénom de naissance.
L’administration française est butée, retorse mais Polina, devenue grande, lui tient tête.

D'un côté, la Russie de l'enfance, inoubliable, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent.
De l'autre, la France, les apprentissages sociaux et culturels, l’aventure quotidienne des mots appris et des mots retenus.

Le cloche pied verbal permanent, la jonglerie imposée entre les mots de la ­famille et des grands-parents russes que l’on revoit aux vacances et les mots des camarades, des professeurs et des voisins.

« Russe à l’intérieur, français à l’extérieur. Ce n’est pas compliqué. Quand on sort, on met son français. Quand on rentre à la maison, on l’enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l’ascenseur. Sauf s’il y a des voisins. S’il y a des voisins, on attend. Bonjour. Bonjour. Quel étage ? Bon appétit. Il faut bien séparer, sinon on risque de se trouver cul nu à l’extérieur. »

Il faut donc savoir ouvrir l’œil aussi.

Fidèle à son identité, à sa mémoire et à ses origines, la primo-romancière Polina PANASSENKO propose un témoignage de vie, construit autour de deux langues et de deux pays.

Elle révèle une voix intime, juste et digne avec un récit drôle, tendre et frondeur.


COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 09 octobre 2022
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