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Le passeur

de Stéphanie COSTE

Éditions Gallimard, janvier 2021 (collection Blanche)
Prix : 12.50 €

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 08 mars 2021

RENCONTRE AVEC STEPHANIE COSTE
MARDI 25 MAI 2021 (cf. rubrique AGENDA)

Seyoum est l'un des plus gros passeurs de migrants des côtes libyennes. "L'espoir est mon fonds de commerce" dit-il. Seyoum le dit avec beaucoup de cynisme et fait le job sans aucun scrupule ni forme de culpabilité. Il a monté un véritable business sur la misère, le malheur et la détresse de centaines d'hommes, de femmes et d'enfants. Il ne s'émeut pas de leur destin tragique. A chaque traversée, il peut trinquer aux démons de la Méditerranée qui lui assurent respectabilité dans le cercle nauséabond des trafiquants d'être humains.

Pourtant, lorsqu'un énième convoi chargé de candidats à la traversée débarque, Seyoum est littéralement bouleversé. A t'il oublié qui il est vraiment ? D'où il vient ? Ce qu'il a traversé et enduré lui-même ? Seyoum doit faire face à son passé d'Erythréen et au souvenir de sa famille décimée par la dictature et la torture.

Ce premier roman est d'une force incroyable. A travers les destins croisés de migrants et de leur bourreau, Stéphanie COSTE propose un tableau saisissant et hyperréaliste de notre société. Elle explore la souffrance intime des hommes au regard des grandes folies de l'humanité. L'écriture est franche et incisive. Le rythme est puissant. A LIRE DE TOUTE URGENCE !

Seyoum est devenu l’un des plus gros passeurs de la côte libyenne. Il a le cerveau dévoré par le khat et l’alcool et ne s'encombre d'aucune forme d'humanité.
Jusqu'au jour où arrive un convoi rempli de candidats désespérés à la traversée parmi lesquels Madiha, l'amour de sa vie qu'il n'a pas vu depuis des années...


Derniers Coups de Coeur

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Vivre vite

de Brigitte GIRAUD

PRIX GONCOURT 2022

RENCONTRE EVENEMENT AVEC BRIGITTE GIRAUD
Mardi 10 janvier 2023


Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont au seuil d’un nouveau départ.

Lui a 41 ans et la musique pour raison d’être. Elle 36 ans et l’écriture comme point d’équilibre.

Parents d’un petit garçon, le jeune ­couple, un brin bohème, vient d’acquérir une maison à la lisière de la ville. Un cocon protecteur où ils s'imaginent déjà poser leurs valises, se projetant insouciants le reste de leur vie… Mais ils n’en auront pas le temps.

En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte GIRAUD tente de comprendre et de dénouer ce qui a conduit à l’accident de moto et ce qui a coûté la vie à son mari, Claude, un jour d'été en 1999.

Vingt ans après, l'auteure sonde les questions restées longtemps sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ?

Elle revient sur les journées qui ont précédé le point d'arrêt d'une existence familiale joyeuse. Des journées comme emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable.

Brigitte GIRAUD touche par son écriture, teintée de nostalgie douce. Elle interroge avec grâce, en distance temporelle, les rouages d un événement conduisant au tragique d une vie.

Vivre vite ou comprendre l'incompréhensible.

COUP DE COEUR • Roman famille et société • Par Sophie • 03 novembre 2022
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Tenir sa langue

de Polina PANASSENKO

Lisez bien le prénom de l’autrice sur la couverture de ce premier roman.
Attardez-vous sur les voyelles de début et de fin, faites-leur cet honneur.

À son arrivée à Saint-Étienne au lendemain de la chute de l'URSS, Polina devient Pauline.

Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour batailler, justifier et tenter de récupérer son prénom de naissance.
L’administration française est butée, retorse mais Polina, devenue grande, lui tient tête.

D'un côté, la Russie de l'enfance, inoubliable, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent.
De l'autre, la France, les apprentissages sociaux et culturels, l’aventure quotidienne des mots appris et des mots retenus.

Le cloche pied verbal permanent, la jonglerie imposée entre les mots de la ­famille et des grands-parents russes que l’on revoit aux vacances et les mots des camarades, des professeurs et des voisins.

« Russe à l’intérieur, français à l’extérieur. Ce n’est pas compliqué. Quand on sort, on met son français. Quand on rentre à la maison, on l’enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l’ascenseur. Sauf s’il y a des voisins. S’il y a des voisins, on attend. Bonjour. Bonjour. Quel étage ? Bon appétit. Il faut bien séparer, sinon on risque de se trouver cul nu à l’extérieur. »

Il faut donc savoir ouvrir l’œil aussi.

Fidèle à son identité, à sa mémoire et à ses origines, la primo-romancière Polina PANASSENKO propose un témoignage de vie, construit autour de deux langues et de deux pays.

Elle révèle une voix intime, juste et digne avec un récit drôle, tendre et frondeur.


COUP DE COEUR • Roman biographique • Par Sophie • 09 octobre 2022
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