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La tendresse du crawl

de Colombe SCHNECK

Éditions Grasset, mars 2019
Prix : 13.00 €

COUP DE COEUR • Roman - Récit • Par Sophie • 14 mars 2019

Très beau -et court- récit sur un amour raté. Pas le premier et probablement pas le dernier. D'une plume juste, tendre et émouvante, Colombe Schneck, se met une nouvelle fois en scène sans aucun fard. Elle mobilise et engage sa mémoire sensorielle et nous invite à entrer dans sa dernière danse sentimentale. Elle a 50 ans, elle se découvre puis s'abandonne. C'est une rencontre puissante qui tantôt anime joyeusement, tantôt abîme tristement. Les sentiments transpirent, débordent, submergent, malmènent. Apprenons-nous vraiment de l'amour ? Rien n'est moins sûr. Que l'on soit ado ou quinqua, au fond on reste les mêmes, on traverse les mêmes peurs, les mêmes doutes, on tremble à la fois d’aimer et d’être quitté. Un petit texte flamboyant comme une brève méditation sur le bonheur d'être aimé et le sentiment amoureux.

"Il m’a appris que j’avais un corps. Avant de le rencontrer, je n’avais pas de corps, mes bras, mes jambes, mon cou, sont une partie, de moi, négligeable. Je ne les connais pas, je ne les sens pas, je n’y fais pas attention, me tiens mal, courbée, tordue. Je le nourrissais, je l’activais un peu par quelques mouvements physiques, de la marche, du vélo. Il me répétait, ton corps a autant d’importance que ton esprit. J’étais étonnée […]J’avais connu une succession d’hommes, pourtant je passais davantage de temps à imaginer l’amour qu’à le vivre. J’avais si peur de la réalité. Et puis je retrouve Gabriel, croisé au lycée, à quinze ans".
Tout au long de nos neuf mois d’amour, la peur revenait s’installer. Parfois je l’imaginais avec une autre, le plus souvent disparu, blessé, mort. La première fois, il ne m’avait pas téléphoné pendant 24 heures. Le lendemain, il était là, devant moi, me souriant et moi souriant de mon inquiétude.
La dernière fois, il devait me rejoindre à la piscine. Il m’avait prévenue de son retard et je comptais les longueurs, dix de brasse, dix de crawl. Il n’était toujours pas là pour les dix dernières en dos crawlé. Il ne viendrait jamais, il m’avait oubliée, quittée déjà, il avait eu un accident, il était dans le coma... Dans le vestiaire, j’ai cherché mon téléphone, il m’avait laissé plusieurs messages. Mon amour, mon cœur, désolé, je t’attends devant l’entrée de la piscine.
Il disait qu’il n’avait aucun doute sur l’amour qu’il ressentait, j’étais la femme de sa vie. Mais il ne pouvait rien m’assurer, l’amour entre un homme et une femme n’était pas indéfectible.
Je devais m’habituer à l’incertitude de notre amour.".

Derniers Coups de Coeur

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Camp Poutine

de Aurélien DUCOUDRAY (scénario), ALNOR (dessin)

Gloire à Poutine ! Voici le cri de ralliement d'un collectif d'ados russes qui se retrouvent piégés au sein d’un camp d’entrainement paramilitaire, soi-disant parrainé par Vladimir Poutine. Alors que le conflit entre la Russie et l'Ukraine s'enlise, les rancoeurs ressurgissent et l'endoctrinement fait son oeuvre. Aurélien Ducoudray place son intérêt pour l'histoire contemporaine au service d’un thriller rural originalement enchevêtré à la personnalité de l’actuel président russe. La collaboration avec la dessinatrice Anlor est une réussite étant elle-même visiblement intriguée par les mentalités slaves modernes de l’ère post-soviétique.

COUP DE COEUR • Bande dessinée adulte • Par Sophie • 08 mai 2019
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Marcher jusqu’au soir

de Lydie Salvayre

Dans ce livre poignant, Lydie Salvayre interroge l'art et ses institutions. La romancière publie sans doute son ouvrage le plus personnel, le récit d'une nuit entière passée au Musée Picasso-Paris, seule, à observer une oeuvre qui la fascine « L'homme qui marche » d'Alberto Giacometti. C'est l’humeur mauvaise et le verbe décapant qu'elle se saisit du prétexte de cette nuit particulière pour questionner le milieu artistique dans la société en général et dans ses rendez-vous manqués avec elle en particulier. Son enfance de petite fille pauvre et bien élevée, désarmée face à un père redoutable et éloignée de tout "éducation culturelle" amplifiera son sentiment de rapport illégitime à l'art. Par le prisme du travail acharné et de la personnalité d'Alberto Giacometti, dont l'oeuvre la fascine autant qu'elle lui fait peur, elle tente de comprendre son propre rapport à l'art. Elle questionne le pouvoir d’intimidation ordinaire des "hauts lieux culturels" pour une grande majorité d'entre nous. En toute modestie, elle s'exprime en défenseuse du droit à la Culture pour tous et s'oppose à une société d'élites qui se réserve le droit d'ériger les musées en sanctuaires -quasi inaccessibles-.

"L’écrivaine s’est laissé enfermer au Musée Picasso, face au plus fameux des Giacometti. Résultat : une décapante et superbe nuit d’introspection". Journal Le Monde

"Dans ce récit, Lydie Salvayre évoque avec rage et humour son rapport tumultueux à l’art au long d’un parcours introspectif". Revue Politis

COUP DE COEUR • Bio - Témoignage • Par Sophie • 05 mai 2019
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